La crise des masques : Entre ineptie politique et délabrement sanitaire

4.8
(6)
15
Créé sur Par Baptiste Detombe

La rupture de masques, une simple erreur stratégique?

Ouvrez les yeux...

1 / 1

De combien de masques FFP2 disposait-on en 2009 ?

Votre score est

Le score moyen est de 67%

0%

temps de lecture: 3 minutes

Quand la politique d’austérité européenne, poussant un État à la recherche d’économies, prend le pas sur la santé d’un peuple.

 

A l’heure où un organisme microscopique met à mal toute l’économie mondiale, il semblerait que les décisions politiques prises par les gouvernements français depuis plusieurs années, ont su provoquer l’apparition d’une débâcle politique certaine sur les questions de gestion de la santé.

__________________________________________________________________________

Pour comprendre l’apparition de ce sinistre événement, il faut remonter 10 ans en arrière. La France, alors sous la présidence de Nicolas Sarkozy, disposait alors d’un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2. En effet, en 2009, l’ancienne ministre de la santé, Roselyne Bachelot, avait commandé 95 millions de masques en prévision de la grippe H1N1, principalement à l’entreprise Honeywell. Cependant, la France fut préservée de cette épidémie et cela a eu pour conséquence de créer une gigantesque réserve de masques. Les moqueries de l’opinion publique ne se firent pas attendre. La priorité devint alors d’écouler les masques avant leur péremption. Une note de la direction générale de la santé, datant du 27 juillet 2011, préconisait alors de « ne pas renouveler une partie des masques ».

Alors qu’à la même époque un rapport du Haut conseil de la santé publique demandait fermement le maintien des stocks de masques FFP2 pour ‘’tous les personnels directement exposés à un risque élevé “ gardant en vue le ‘’ risque inchangé de pandémie “ et mettant alors l’accent sur l’importance primordiale de la santé aux dépens des économies. Nous sommes en droit de nous demander lequel est le plus impartial : la direction générale de la santé sous le contrôle de l’État ou le Haut conseil de la santé dirigé par un collège de personnes qualifiées ? Seulement, en 2013, l’épée tombe, le bourreau a fait son office sous les ordres du roi suprême de ce monde globalisé, le CAPITALISME : Les masques FFP2 sont jugés trop coûteux et ne sont pas renouvelés. Seuls les stocks de masques chirurgicaux, bien moins efficaces mais évidemment moins chers, le sont. Fin 2018, le groupe multinational américain Honeywell ferme le site industriel de Plaintel près de Saint Brieuc, principale usine française fabriquant des masques. L’ancien directeur Jean Jacques Fuan regrette que son entreprise n’ait pas été plus soutenue par les pouvoirs publics: « on était le principal fabricant pour la France. » Le gouvernement décide alors de compter sur la production mondiale de matériel médical; production jugée alors suffisante en cas de pandémie et reposant en grande partie sur la Chine. En offrant à la globalisation ce secteur, elle devient dépendante du monde, et met en jeu la santé de ses citoyens. Aujourd’hui les limites du système sont exposées au grand jour.

 

“on était le principal fabricant pour la France“.

 

A la fin de l’année 2019 apparaît, dans le petit marché clandestin de Wuhan, ce qui va devenir au fil des mois l’ennemi public numéro 1 qui mettra à terre l’économie capitaliste et scellera des milliers de destins à jamais. Le plus grand producteur de masques s’enlise dans la crise. Cependant pour la France, cet embrasement monumental n’est encore qu’un petit feu bien trop lointain pour avoir à s’en inquiéter. Nous avons donc assisté à l’envoi de matériel médical français afin de contenir l’épidémie en Chine sans même se douter que le virus allait se répandre sous peu dans l’hexagone. Non seulement ce fut bien insuffisant mais comble de l’ironie : la France est maintenant victime de son erreur stratégique car nécessiteuse de masques.

 

Voilà comment nous sommes arrivés à cette situation; le champ brûle mais le fermier somnole. La négligence incomparable de l’état face à ce qui est enfin devenue une préoccupation mondiale nous a poussé dans un ravin creusé par des années d’ignorance et de manque flagrant de lucidité. Pendant plusieurs mois, le personnel hospitalier s’est plaint du manque de moyens, et des conditions drastiques dans lesquelles il est obligé d’exercer. Mais que peut donc bien représenter la majorité qui gronde et qui implore de l’aide face à la minorité qui s’enrichit. Aujourd’hui pour combler ce manque de matériel, nous comptons sur la Chine, triste ironie.

 

Alors, est-ce vraiment le pangolin qui est à l’origine de ce désastre, ou des décisions menées par un grand nombre de pays dans une ignorance sans pareil. Eux qui privilégient les petites économies au détriment de la santé de millions de citoyens. La bêtise humaine régit le monde, mais nous trouvons bon de rejeter la faute sur tout ce qui nous entoure, un virus, un marché clandestin, un pangolin,… Et si, des cendres de ce brasier, émergeait un lendemain priorisant nos besoins les plus primaires, détaché pour cela de basses économies comptables. Et si ce virus n’était pas notre bourreau mais bien le libérateur d’une pensée collective basée sur la solidarité et non sur l’argent. Dans tous les cas le monde est en feu et il serait bon d’en tirer les conclusions.

 

9
Pensez-vous que la santé devrait être soumise aux exigences économiques dans le cadre d'une mondialisation libérale?

Source (pdf): https://drive.google.com/file/d/1mFQrTMq9c_scShrBDw8rDaj2v6h4kR4j/view?usp=sharing

Votre avis nous intéresse !

Parce que vous comptez...

Résultat moyen : 4.8 / 5. 6

Soyez le premier à partager votre impression!

We are sorry that this post was not useful for you!

Let us improve this post!

Tell us how we can improve this post?

Start the discussion

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *